Holaaaa les gaaaaaaars !

J’aurais jamais cru commencer l’année 2020 avec un safari en Tanzanie…(j’aurais jamais cru non plus commencer l’année 2019 en tombant enceinte…). Mais voilà, le 23 Janvier 2020, de retour de Zanzibar et du Club Lookéa Kiwengwa Beach Resort, je suis en train d’écrire un article pour vous raconter cette expérience de folie, que je ne pensais même pas vivre il y a encore une semaine. CROYEZ EN VOS REVES LES GARS ! Je sais pas par où commencer…par le début peut-être ?

Le jour où j’ai su que je partais à Zanzibar avec Clémentine, je me suis dit que je me rapprochais géographiquement d’un endroit potentiel pour réaliser un de mes rêves : faire un safari. Et puis, je me suis dit « T’es con meuf, Zanzibar c’est une petite île, y a pas de safari ». Euh, comment tu le sais, d’abord ? (oui dans ma tête je me fais des dialogues à deux voix dans lesquels je m’auto contredis)(personne fait ça ?)(non ?)(ah ok…). Du coup, comme chaque fois que je sais pas un truc, je me rue sur Google et là, j’ai vite eu ma réponse. Non meuf, il y a pas de safari à Zanzibar. Je suis donc partie en me disant que le safari, ça serait pas pour cette fois. Mais la vie en a décidé autrement… J’essayais trop de créer du suspens avec ce début d’article, en mode « Elle a fait un safari ? Elle a pas fait de safari ? » puis je viens de me rendre compte que de toute façon l’article s’appelle « Safari en Tanzanie » et que la photo de couverture c’est une girafe…GROS FAIL.

Le safari fait partie des excursions proposées sur place là où nous logeons, par le Club Lookéa Kiwengwa Beach Resort. Il se déroule sur deux jours et une nuit et coûte 600$. On va pas se mentir, c’est sûr que c’est un budget. Et puis, je ne vais pas vous mentir non plus : on a eu la chance qu’il nous soit offert. Mais ça, on l’a su quand on avait déjà décidé de le faire. Quand on a repéré le safari dans les excursions, ça a tout de suite été une évidence : on était prêtes à bouffer des petits pois en conserve tout le reste du mois pour nous payer ce kiff. SACHANT QUE JE DETESTE LES PETITS POIS EN CONSERVE, c’est pour vous dire notre degré d’envie et de motivation.

L’histoire commence le samedi matin. Bon, en vrai, dans nos têtes, elle commence dès qu’on a la confirmation qu’il y a de la place et qu’on peut bien le faire le week-end. Toute la journée de vendredi, on rêve à voix haute (à voix très haute) (ON PAAAAAART EN SAFARI DEMAAAAIN ALLEZ BYYYYYE) de notre petite excursion, et rien que d’en rêver, la magie commence déjà.

Il est 13h et on est prêtes comme jamais pour partir à l’aventure. Sac à dos, short, crème solaire, c’est parti les gars ! Direction l’aéroport : un tout petit vol de 15 minutes nous attend. Déjà, t’as compris que le vol de 15 minutes, ça va pas se faire dans un Airbus A380. Non, ça va se faire dans un tout petit avion et, quelle coïncidence, il y a beaucoup de vent aujourd’hui ! J’ai pris un bébé avion une fois, à l’Alpe d’Huez, j’ai passé tout le vol accrochée au bras du pilote. Pratique… J’étais donc pas au top de ma sérénité. Mais allez, bon, ça dure que 15 minutes, ça va le faire. Je peux bien passer par là pour réaliser mon rêve !

À 15h30, on embarque. Un avion de dix personnes. Finalement, il est pas si petit que ça. Et puis, il y a un enfant de trois ans avec nous. Il a l’air hyper serein. Je me dis qu’en tant d’adulte, j’ai quand même pas le droit de me mettre à gueuler au moment du décollage « ON VA TOUUUUUUS CREVER ». L’avion décolle, ça secoue mais pas tant que ça, c’était bien plus atroce dans mes souvenirs. Et la vue est tellement magique, j’oublie tout le reste. On traverse la mer. On arrive en Tanzanie. On survole le parc national. Je suis à l’affût de la moindre âme vivante qui pourrait passer sous mes yeux. Un éléphant, un lion, une girafe, un humain, un écureuil, un oiseau, un bernard-l’hermite (vous aussi vous avez envie de dire Thierry Lhermitte chaque fois que vous en voyez un ?)… ? Je ne vois rien. Alors comme ça la partie de cache-cache démarre dès maintenant ? OK LES GARS. Quinze minutes plus tard, on atterrit. La piste d’atterrissage, c’est juste un chemin de terre au milieu de la brousse. T’as pas de tapis roulant pour récupérer ta valise, t’as pas de duty free, t’as pas de wifi. On est au milieu de la brousse, mon téléphone est en Edge : l’aventure peut commencer ! Pas de temps à perdre, nos guides nous attendent sur place. Et bah…pour une fois qu’un mec vient me chercher à la sortie d’un avion…c’est agréable comme sensation dis-donc ! On embarque direct à bord de notre 4X4, pour partir à l’assaut du Saadani National Park. On est 6 + le petit de trois ans. Je le regarde en imaginant déjà Basile dans quelques années être à sa place… Ça doit être merveilleux de vivre cette expérience à travers les yeux d’un enfant (UPDATE : trente minutes plus tard, c’était tellement merveilleux qu’il était sur le téléphone de sa mère à faire des jeux…). On s’enfonce dans la brousse, dès notre arrivée, les yeux rivés sur le décor, on guette notre tout premier animal.

Pour un tout premier safari, on sait pas à quoi s’attendre. Je m’étais pas renseignée du tout, je ne savais pas comment ça se déroulait. Est-ce qu’on allait passer l’après-midi à rechercher dans les buissons un petit signe de vie pour finir la journée heureux d’avoir vu des oreilles de girafe dépasser ? Est-ce qu’on allait se retrouver encerclés par des éléphants, des antilopes, des autruches, des lions ? Est-ce que la brousse ça ressemble vraiment au Roi Lion ? Est-ce qu’il y a vraiment des animaux ici ou est-ce que ce sont des types déguisés qui gambadent dans les hautes herbes ? AFFAIRE À SUIVRE ! Très rapidement, on aperçoit notre première girafe. Sérieusement, on est tous redevenus de grands enfants, surexcités à chaque nouvel animal. Et puis, une antilope. Oh oui, c’est vraiment comme dans le Roi Lion. Elles lèvent leur petite tête vers nous quand on passe, intriguées, mais pas apeurées. Elles doivent avoir l’habitude. C’est bon de voir des animaux chez eux, en liberté. Ces expériences de vie me remplissent toujours de bonheur mais il y a aussi forcément un fond de tristesse, d’amertume, de prise de conscience. C’est pas le but de l’article, je vais pas me lancer dans une grande remise en question devant vous, elle fait son chemin dans ma tête, mais clairement, quand on vit ça, on se demande pourquoi nous les humains nous sommes devenus les animaux les plus cons de la planète

La promenade continue. Si au début on était déjà comme des dingues à la vue d’une seule girafe, je peux vous dire qu’on en a pris plein les yeux à chaque mètre parcouru. Des girafes, on en a vu des dizaines, en troupeau, en solo, en famille… Un spectacle de folie ! Prendre le temps de les admirer. De les regarder dans les moindres détails. De prêter attention à chaque morceau de nature qui nous entoure. Girafes, antilopes, zèbres, singes, oiseaux… ils défilent tous sous nos yeux mais au loin, derrière nous, le soleil tombe et le ciel s’assombrit. Il est 17h et je ne suis pas Evelyne Dhéliat mais je crois bien qu’on va se prendre une bonne flotte. Petite pluie de fin de journée au milieu de la savane. Ça pourrait être le nom d’un parfum de bougie. La petite pluie se transforme vite en grosse averse, puis en orage. Rassurant, ouais. Tous les animaux sont partis se planquer. On est encore loin du camp. Il y a des trous dans la route, des flaques immenses. On ne verra plus d’animaux aujourd’hui. En route vers le lodge ! On est trempées, il commence à faire un peu froid et ça secoue beaucoup, mais on s’en fiche, on a toujours un grand sourire. Hors de question que la météo ne gâche notre bonheur… (bon, y a des moments où on a vraiment cru que le 4X4 allait se retourner et qu’on allait finir noyées dans une flaque d’eau, MAIS SINON, RAS).

Une heure plus tard on arrive enfin dans notre petit havre de paix : le Saadani Safari Lodge. Un petit camp dans la brousse, au bord de la mer, avec une dizaine de lodges paisibles et un restaurant. Même sous la pluie, c’est si beau, si paisible. Patrick, tu veux pas qu’on vienne vivre ici, stp ? On découvre notre lodge, avec vue sur la mer. Je vous avoue qu’on ne s’attendait vraiment pas à autant de confort au milieu de la brousse. Grâce à un générateur, il y a de l’électricité, et même du Wi-Fi. Il y a une douche dans la chambre et une douche à l’extérieur. Dans la salle de bains, tout un kit de produits naturels pour la toilette. Un ventilateur au plafond, un ventilateur sur pied. Des lits ultra confortables, une déco vraiment sympa, et surtout, une vue…de carte postale. On va être bien ici… Avant le dîner, on a deux heures devant nous, avec le bruit des vagues en fond sonore et le vent agréable qui passe à travers les moustiquaires. On vient même nous servir à boire directement dans notre lodge : tout le monde est aux petits soins ici. Sur un malentendu, je continue d’espérer que je croiserai une girafe en sortant de mon lodge.

Bon, on va pas se le cacher : on était bien dans notre lodge grand confort mais on attendait quand même l’heure du dîner avec impatience. À 20h, on file au resto, dans la nuit noire, avec une lampe torche. T’as compris que si ça se trouve, on a croisé des lions, et on l’a jamais su… Au restaurant, nous sommes en petit comité, il y a 4 tables occupées. On dîne aux chandelles avec ma meuf, ouais ouais. Entrée, plat, dessert, tout est délicieux et très bien présenté. On se régale. Le personnel est vraiment au top, au final il y a plus d’employés que de clients : on est servies comme des reines. Même le pain est un vrai kiff. J’avais prévu de profiter de Zanzibar pour faire une détox sans alcool, mais bon, on est en Tanzanie là, ça compte pas hein ? Je me laisse tenter par une bière, un verre de vin, deux verres de vin. Pas plus, sinon je serai capable de me prendre pour un lion et de monter sur la table en rugissant (ouais ba vous verrez qu’après 9 mois sans alcool, on tient plus trop hein, ME JUGEZ PAS). Après le dessert, on file se coucher. Demain, réveil à 5 heures ! Ça va piquer mais c’est probablement la première fois que je mets le réveil si tôt avec le sourire.

Il est 5h. Saadani s’éveille. Dès que je me réveille à 5h (bon, c’est rare, mais généralement c’est pour prendre un avion ou un train), j’ai la chanson de Jacques Dutronc dans la tête. Finalement, ça pique même pas. On est tellement heureuses. Et puis, bonne nouvelle : il ne pleut pas. On nous sert un thé dans la chambre et quelques gâteaux, et ensuite, en route les gars ! La nuit est encore noire, on part en silence rejoindre notre 4×4, on embarque et on part doucement voir le soleil se lever sur la savane et sur les animaux. Est-ce qu’on aura de la chance ce matin ? Est-ce qu’on va se faire bouffer par un lion ? Le jour se lève sur la brousse. Très rapidement, on a la plus belle surprise de la matinée. Un éléphant, au loin. On l’entend, on le voit. Ils sont plusieurs. Oh, il y a un bébé. Alors qu’on les guette sans bruit au loin dans les fourrés, mon cœur s’arrête, un peu. ILS SONT DERRIERE NOUS !!!! ILS TRAVERSENT LA ROUTE JUSTE DERRIERE NOUS !!! Là, j’ai fait un truc assez fou, physiquement parlant : j’ai réussi à crier, mais à voix basse. LA FRANCE A UN INCROYABLE TALENT ! Au petit matin, aux premières lueurs du soleil, on admire notre petite famille d’éléphants qui gambadent à quelques mètres de nous. La journée peut s’arrêter là, les gars.

La matinée continue au milieu de centaines de girafes, de zèbres, d’antilopes. On en a vu des tonnes hier mais on ne s’en lasse jamais, vraiment. Je pourrais passer des journées entières à les observer sous toutes les coutures. Le goal de la matinée, après les éléphants, le goal du safari même : LE LION ! C’est très rare apparemment, il faut avoir de la chance. Une chance de cocu, même. « Oh ba pour voir un lion je veux bien être cocue moi ». OUHLALA JE SUIS BLAGUEUSE DÈS LE MATIN. Il faut dire qu’en partageant le même 4×4 depuis la veille, on commence à se lâcher un peu. Et se lâcher un peu, pour Clem et moi, ça veut dire : faire des vieilles blagues, chanter Hakuna Matata, crier des « T’AS VU Y A TON KEUM DERRIERE LE BUISSON » quand on voit un macaque. Voilà, voilà. GROS NIVEAU QUOI.

On repère des traces de pattes au sol. UN GROS CHAT. On se transforme tous en super pisteurs, à analyser les moindres petites empreintes au sol. On y croit tous, vraiment. Un lion est dans les parages. JE VEUX LE VOIR. On aura pas cette chance. À un moment, on se dit même que c’est un mec qui est venu mettre des fausses empreintes pour le côté folklorique. Mais bon il faut se faire une raison : on verra pas de lion cette fois-ci. TANT MIEUX JE SUIS PAS COCUE. On retourne au lodge, pour le petit déjeuner. Pancakes, fruits frais, gâteaux, biscuits… il faut prendre des forces ! Ça c’est ma phrase pour me déculpabiliser quand j’ai envie de m’enfiler 3000 calories : « prendre des forces ». Tu sais pas trop pourquoi y a besoin de forces pour poser ton cul dans un 4X4 et regarder des girafes, mais dans ta tête, voir des éléphants, ça signifie forcément : manger autant qu’un éléphant. La suite de la matinée : en route pour un safari sur la rivière. (LA RIVIERE KWAI ??) (MUAHAHA) (oui oui toutes les blagues clichées, on les a faites, vous pouvez compter sur nous). On passe à nouveau par le village de Saadani, en plein milieu de la brousse. Le village a de drôles d’habitants : de nombreux phacochères et plein de singes, qui font leur life, au milieu des humains, qui n’y prêtent même pas attention.

Une nouvelle expédition en barque à la recherche des hippopotames et des crocodiles. Il faut être patient et toujours à l’affût. Et silencieux, aussi. SILENCIEUX. Et qui c’est qui se met à gueuler comme une truie qu’on égorge quand on aperçoit au loin un crocodile qui file dans l’eau ? BAH C’EST NOUS BIEN SÛR ! On a fait sursauter tout le monde, et au final, on est les seules à l’avoir vu, le croco. On a gueulé si fort qu’on a fait déguerpir tous les animaux à 50km à la ronde. Super, on a niqué l’excursion, BRAVO. Il faudra attendre un bon moment avant de recroiser un très gros crocodile sur les berges. Difficile de le prendre en photo, j’ai réussi à avoir une petite vidéo mais la qualité est vraiment pourrie, vous pourrez retrouver tout ça sur mes vidéos à la une « Zanzibar » sur Instagram. Après notre descente de la rivière, l’aventure s’arrête ici. C’est l’heure de rentrer au bercail. Il nous reste une heure de route, au milieu de la brousse, à dire adieu à nos amis pour la vie, avant de retourner manger.

Un dernier repas délicieux dans notre camp paradisiaque avant de partir faire nos bagages, pour rentrer à Zanzibar, des étoiles dans les yeux. Jusqu’au bout, je continue à croire qu’on va voir un lion. Bon, je gâche le suspens mais non, pas de lion. Par contre, une belle surprise sur la piste : une famille de girafes, tranquille, posée. On s’approche doucement en 4×4, elles ne bougent pas. Elles finissent par se mettre à courir à côté de nous, à seulement quelques dizaines de centimètres, quelques secondes magiques qu’on emporte avec nous, in extremis. Notre avion arrive. Il n’y aura pas de lion pour nous. Tant pis. C’est dur de quitter Saadani, on a vécu 48 heures hors du temps, magiques, parfaites, inoubliables. On quitte la terre ferme avec une résolution : Clem et moi, on partira ensemble faire un safari d’une semaine au Kenya. ET JE VOUS JURE QUE JE QUITTERAIS PAS LE PAYS TANT QU’ON AURA PAS VU UN LION, T’AS COMPRIS ????

Je sais pas si j’ai réussi à bien retranscrire à quel point cette expérience était dingue et unique dans cet article, ou alors si je suis passée pour une hystérique à tendance schizophrène et psychotique, mais vraiment, les gars, c’était fou. Fou. Fou.

Récap des infos :

  • Excursion de deux jours au départ de l’aéroport de Zanzibar.
  • Prix : 600$ avec tout inclus (vol, hébergement, dîner, petit déjeuner, repas du midi, transfert).
  • Départ à 13h de l’hôtel et retour le lendemain en fin de journée.
  • Le safari se déroule au Saadani National Park. Ce parc national se situe le long de l’océan indien, autour du village de Saadani (la construction y est désormais interdite). Pour la petite info, c’est la seule réserve de faune au bord de l’océan en Afrique.
  • L’hébergement se situe dans le camp Saadani Safari Lodge.