Entreprenariat

JE ME (FREE) LANCE

Hola les gaaaaaars,

J’ai toujours rêvé d’écrire cet article. Je l’ai imaginé mille fois. Un peu comme j’ai imaginé des choses qui ne se réaliseront jamais, comme le jour où je deviendrais la première femme présidente en France ou bien le jour où je me marierais avec Ian Somerhalder. Quand j’étais en CDI, je m’imaginais écrire ces lignes, j’avais déjà le (super) jeu de mot du titre en tête, j’étais fière de moi, j’étais prête à tout quitter juste pour faire cette blague. J’ai toujours rêvé de travailler à mon compte, je vous jure. Enfin, je veux dire, de travailler à mon compte et de gagner de l’argent. Parce qu’être à mon compte, j’ai déjà donné, mais pour perdre de l’argent au final (reviendrai-je un jour sur cette aventure désastreuse ? MAYBE). Alors aujourd’hui, vraiment, je suis très heureuse de vous raconter enfin une belle histoire. Une histoire de succès, mon petit succès, à ma toute petite échelle, mais qui me rend grandement heureuse.

Jean-Michel bon timing

Pour faire l’historique rapidos (vous vous demandiez qui utilisait encore le terme « rapidos » en 2020 ?) (vous allez trouver plein de réponses chez moi…), je suis en statut auto-entrepreneur depuis 10 ans. Pour entreprendre quoi ? Je sais pas trop, mais j’avais le statut, en tout cas. J’ai commencé à vraiment bosser en freelance et à me dégager des revenus il y a bientôt trois ans. J’étais salariée en même temps. Dans la vie, j’ai toujours été du genre à mettre la charrue avant les bœufs. La Clarisse d’il y a dix ans aurait plaqué son CDI au bout de deux jours de missions en freelance et aurait pris rendez-vous avec un personal shoper au Printemps pour dévaliser le magasin et payer en dix fois. Mais j’ai changé. J’ai pris du plomb, comme on dit (qui dit ça ?). J’ai décidé d’attendre, de me faire ma clientèle, de m’assurer de la pérennité de mon activité. Et puis, début 2020, pile le jour où le premier cas de Coronavirus a été déclaré en France, j’ai quitté officiellement le monde de l’entreprise. Jean-Michel bon timing ! Quoi de mieux que de démarrer son activité en même temps qu’une épidémie qui décime la planète ?

100% rédactrice web

Je vous raconte tout ça mais au final, faudrait peut-être que je vous explique ce que je fais, en fait. J’ai commencé en bouffant un peu à tous les râteliers, je ne vous le cache pas. Au début, je faisais des relations Presse, du Community Management, de l’influence, de la rédaction web. Bref, je faisais dix mille trucs donc j’étais un peu bonne dans tout mais finalement un peu bonne à rien aussi. J’ai décidé de me consacrer intégralement à la rédaction web pour mon activité de freelance. Ma première passion, l’écriture. C’est un choix qui s’est imposé naturellement à moi. Moi qui ai passé ma vie entière à écrire, à coucher toutes mes émotions sur du papier, à mettre des phrases sur tous mes sentiments, à scénariser mon existence entière… j’allais enfin pouvoir vivre grâce aux lettres et grâce aux mots ? Sérieusement ? Me voilà donc avec un nouveau métier, dont je ne connaissais même pas l’existence quelques mois auparavant.

Mon métier expliqué à ma grand-mère

Concrètement aujourd’hui, comme depuis toujours en réalité, je fais un métier que les gens ne connaissent pas et ne comprennent pas, la plupart du temps. C’était déjà le cas avant. Je travaillais dans un showroom de prêt-à-porter, donc je vendais des collections aux professionnels, c’est-à-dire aux responsables des magasins, aux sites e-commerce etc. Bah je crois que ma mère n’a jamais compris ce que je faisais. Puis alors, ma grand-mère, n’en parlons pas… Les gens ont toujours pensé que je travaillais dans une boutique et donc pendant les soldes ils me disaient à chaque fois « Ça va, pas trop dure la première journée de soldes ? ». J’ai changé de métier mais j’ai toujours le même problème. Personne dans mon entourage sait ce que je fais, en fait. Comme j’ai mon blog depuis dix ans, tout le monde pense que mon métier c’est d’écrire des articles ici. Alors qu’en 2020 j’ai dû en écrire 3 ou 4… Ça serait vraiment le job le plus rentable du monde je crois si j’arrivais à me payer tous les mois de l’année avec ça.

Alors pour résumer, ce que je fais, au quotidien, c’est d’écrire des contenus pour mes clients. Je rédige des milliers et des milliers de mots chaque jour. C’est très varié, ça peut aussi bien être des articles sur les animaux de compagnie que des dossiers complets sur l’immobilier locatif ou bien des guides sur l’écomobilité ou encore des fiches produits sur des canapés. J’écris vraiment tout type de contenu, pour des clients très très variés, du petit artisan au grand compte international en passant par des agences de com. Je peux écrire des articles de 300 mots comme des dossiers de 20 000 mots. HAHSTAG POLYVALENCE. En résumé, pour l’expliquer à ma grand-mère, qui n’est malheureusement plus là, je pourrais dire que « tous les mots que tu vois sur les internets quand t’ouvres une page, bah potentiellement, c’est peut-être moi qui les ai écrits ». Sauf qu’il faudrait d’abord que je lui explique ce qu’est Internet…

Être rédactrice web, c’est écrire une grande partie du temps, mais pas seulement. Il y a aussi une grande partie commerciale. Je dois me vendre auprès des clients. C’est de plus en plus dur car il y a de plus en plus de rédacteurs. J’ai aussi une autre spécialité : je fais du référencement SEO. C’est-à-dire que je ne me contente pas d’écrire des mots juste pour faire joli, j’organise mes articles en fonction des normes SEO, je fais tout un travail au niveau de la structure, des mots-clés, de l’organisation du texte. Après, évidemment, j’assure aussi une grande partie de suivi avec les clients. Il y a beaucoup d’échanges par mail, parfois par téléphone, beaucoup d’allers-retours sur certains articles quand ce sont des sujets complexes et des clients très exigeants. Ensuite, il y a la partie comptabilité. Faire les factures, suivre le paiement, faire les déclarations Urssaf (dépenser l’argent qui arrive sur le compte pour acheter des sacs…), bref, la petite partie moins glamour, mais mine de rien, ça prend du temps. Enfin, dans une activité freelance, il y a aussi la partie “Je stresse je refais mon CV je prends rdv chez Pôle Emploi je dois retrouver un emploi stable on est le 31 du mois où est mon salaire ah oui c’est vrai j’ai plus de salaire mais pourquoi les gens mettent tant de temps à payer mais mon dieu est-ce que je vais gagner assez d’argent le mois prochain je crois que je suis nulle j’ai pas trouvé de nouveau client depuis 36 heures“. 

Des premiers pas dans la rédaction jusqu’à la démission…

Je suis tombée dans cette histoire par hasard. Enfin, finalement, c’était peut-être pas un hasard. Peut-être que tout était déjà écrit, je sais pas. Je vais pas vous retracer en détail l’historique de ses trois dernières années (NE ME TENTEZ PAS) mais toute cette aventure a commencé avec un article. Je suis allée repêcher le titre, rien que pour vous (ça m’a pris à peu près trois heures de fouiller dans mes mails). Alors voilà, ma carrière a démarré sur le sujet « Les vêtements sexy rendraient les femmes plus intelligentes ». Quand j’ai reçu le thème, moi et mon intelligence on s’est regardées dans le miroir, dans notre pyjama en polaire et nos chaussons en forme de licorne, et on s’est dit qu’on était mal barrées. On a tous des casseroles dans notre vie. Je veux dire, Harrison Ford s’est bien fait virer au début de sa carrière parce qu’il manquait de charisme (On parle d’Indiana Jones quand même les gars…), le premier film de Sylvester Stallone était un porno, Selena Gomez a fait ses premiers pas dans le show business dans une série sur un dinosaure rose et Brad Pitt a tourné une pub pour Pringles à 20 ans. 

Voilà, bah moi, en 2017, j’ai écrit un article tout pourri complètement misogyne, réducteur et aberrant, pour 20€… (Et oui, je viens de me comparer sans pression à des stars planétaires…KESKIYAAAAA). Mes premiers mois dans le game de la rédaction web n’ont pas été très glorieux, je l’avoue, mais ils ont été formateurs. J’ai fait mes armes pendant des mois et des mois sur tous les sujets possibles et imaginables. Est-ce que j’ai écrit des fiches produits sur des couches pour adultes, des strings pour homme et du saucisson ? Oui mesdames et messieurs. Et je le referai mille fois ! Parce que c’est ce qui m’a permis, deux ans plus tard, de quitter mon CDI et de me mettre enfin à 100% à mon compte, avec une activité rentable et prometteuse. Pourquoi deux ans ? Parce que je voulais être sûre que la rédaction web ait vraiment un avenir et que mes revenus soient stables avant de quitter une situation professionnelle confortable. Je voulais être une adulte responsable, pour une fois. J’attendais le bon moment.

Et c’est quand je suis tombée enceinte, que le bon moment était arrivé. Mon congé maternité était l’opportunité parfaite pour tirer ma révérence et dire CIAO LES GARS. Ça me faisait une transition en douceur. J’en ai profité pour quitter Lyon et partir vivre à la campagne avec Patrick. Histoire d’avoir au quotidien uniquement des collègues qui broutent de l’herbe et de me laisser inspirer par les tracteurs que je vois depuis la fenêtre de mon bureau. 

Aujourd’hui, mon activité de rédactrice n’a plus rien à voir avec celle d’il y a trois ans. Je me suis construit un vrai portefeuille clients. Certains sont là depuis les débuts. HASHTAG FIDELITE. J’ai un book très rempli, et pas que par du saucisson et des couches. Je ne pourrai pas faire une liste complète de tous les thèmes que je traite mais j’écris énormément sur les thématiques vétérinaires, sur l’immobilier, sur la fiscalité, sur les complémentaires santé, sur la mode, sur la déco, sur les travaux, sur le recrutement, sur le marketing, sur l’écologie, sur l’éducation, sur la maternité, sur les nouvelles technologies… (bon ok il y a quelques mois j’ai écrit des articles sur des masturbateurs et des godes réalistes, MAIS BON)(c’était pendant le confinement j’étais en mode survie)(ne tapez pas gode réaliste sur Google Images). 

Voilà, les gars, tout a commencé avec un article vraiment éclaté au sol, je n’ose même pas le relire, je crois qu’il est perdu dans les ténèbres du web et tant mieux. Mais c’est cet article, et surtout cette personne qui me l’a confié (alors merci, au fait), qui m’ont permis de faire ce beau métier et de rendre Patrick dingue à taper sur mon clavier aussi vite qu’il conduit sur l’autoroute

Tu fais quoi dans la vie ?

Je suis contente d’écrire cet article car la prochaine fois qu’on me demandera en soirée ce que je fais (lol, comme si j’allais retourner en soirée en 2020…), je dirai à la personne d’aller le lire. Puis je retournerai me chercher une bière au bar, parce que merde, si je fais garder mon fils, que je me lave les cheveux et que je quitte mon ordi le temps d’une soirée, c’est pour boire des bières, pas pour parler de banalités. J’en ai marre qu’on se demande tout le temps ce qu’on fait dans la vie quand on rencontre des nouvelles personnes. Surtout que la plupart du temps, les gens n’écoutent même pas la réponse. Dis-moi ce que t’as mangé hier, dis-moi où tu pars en vacances cet hiver, parle-moi du dernier livre que t’as lu, jsais pas, soyons inventifs !

Bon en même temps je vous dis ça mais il y a quelques semaines, j’étais avec des amis de ma sœur et il y en a un qui me dit « Tu fais quoi dans la vie ? Enfin pas ton métier, on va pas parler boulot, je veux dire, tes loisirs ? ». Je l’ai regardé, j’ai bu une gorgée de bière, j’ai ouvert la bouche pour parler mais il y avait aucun son qui sortait. Dans ma tête, tous mes neurones ont grillé de manière instantanée et j’ai fini par répondre, après avoir bien réfléchi « Euh bah en fait je n’ai pas de loisirs ». Cette phrase m’a trotté dans la tête pendant des jours et des jours. 

C’est vrai que j’ai un piano qui prend la poussière dans mon salon mais que j’ai jamais pris le temps d’apprendre à en faire. 

C’est vrai que je paie une application de sport tous les mois mais que je prends plus le temps d’en faire depuis que le confinement est terminé (breaking news, j’avais commencé à écrire cet article dans un passé très très lointain, lorsqu’on n’imaginait pas encore qu’on serait reconfinés…)

C’est vrai que j’ai des tas d’amis en or et que je ne prends jamais trop le temps de les voir (DE TOUTE FACON MANU IL A DIT C’EST INTERDIT, POIL AU KIKI)(est-ce que je viens vraiment d’écrire ça ?)(oui madame).

Alors voilà, maintenant, la prochaine étape dans mon boulot, ce n’est pas d’avoir encore plus de boulot. Non, c’est de réussir à m’organiser pour pouvoir passer du temps avec ma famille, avec mes amis. Pas forcément avec moi-même, non, ça finit trop souvent en embrouilles. J’ai encore plein d’autres projets pour 2021 mais je ne souhaite pas qu’ils prennent le pas sur ma vie privée alors il faudra en arrêter certains pour en commencer d’autres. 

Voilà, maintenant, j’ai décidé que ma vie professionnelle était une boîte en carton (HASHTAG MATIERE RECYCLEE ETC). Quand la boîte est trop remplie, il faut la vider si on veut ranger quelque chose d’autre dedans. On n’achète pas une nouvelle boîte, on n’essaie pas de s’asseoir sur la boîte pour tout faire rentrer dedans, non, on vire des trucs. C’est tout. Vous voyez, ce blog, par exemple, mine de rien, c’est un truc qui n’a pas beaucoup de place dans ma boîte en carton. J’essaie de lui en faire un peu, là sur le côté, entre tout le reste.

Voilà, mon histoire de boîte en carton est terminée

Enfin non, elle ne fait que commencer. 

J’ai plein de nouvelles étapes à franchir et je vous en parlerai certainement ici. Je laisse le temps au temps, maintenant. J’arrête d’être tout le temps pressée, d’être tout le temps dans l’urgence, d’être tout le temps dans l’attente d’un mail HYPER IMPORTANT TU COMPRENDS. Vous voyez, par exemple, cet article, ça fait trois semaines (six semaines, maintenant) qu’il roupille dans un coin de mon ordi et qu’il attend que je lui consacre un peu de temps pour le finir. Et bien ce temps, finalement, je l’ai consacré à autre chose. Les choses peuvent attendre, mais pas la vie, les gars…

Bisooooooous masqués (et confinés) ♥

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1 Comment

  1. Bravo Madame !!!!!!!
    Vivement qu’on puisse reboire une binch ensemble alors

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